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Le Lac de Fish est le septième album de Tue-loup, et marque à la fois un
changement et un retour.
Un changement de personne d’abord : Romain Allanot, batteur historique du
groupe, prend une autre route. C’est Thomas Fiancette qui le remplace –
son approche de la batterie est radicalement différente. Déçu du jazz il
cherche des rythmes simples mais oeuvrés de détails, évite la répétition de
formules, brode et frappe juste. Un changement aussi, peut-être : Xavier
Plumas, auteur-compositeur du combo s’est vu déménager, quittant pour de
bon le berceau de tous les morceaux passés de Tue-loup, comme en témoigne
la très belle « Adieu les Bordes ».
Un retour parce qu’on sent dans ce disque une volonté de revenir à une écriture originelle, se rapprochant des premiers enregistrements du
groupe, mais enrichis d’une maturité épatante. Tournant qui se ressent
dans la musique même, moins emprunte de jazz que ne pouvait l’être «
Rachel au Rocher ». On est ici plus proche des univers de « la belle
Inutile », plus proches de ces ballades qui dessinent des histoires.
En définitive, nous sommes sur les terres de Tue-loup : longues plaines,
voyages immobiles, le regard spectateur des jours qui passent… Sous une
nouvelle lumière, sous un soleil tantôt radieux et tantôt brumeux,
toujours pictural. |