Quand Yoanna empoigne son accordéon, difficile de résister à un tel torrent d’énergie. Un lutin ludique et frondeur qui conte des histoires d’amour et de révolte, des histoires de collégiennes rebelles et de pirates anars, des histoires qui finissent mal parfois, mais toujours avec des mots qui cognent et qui font du bien. Rien à voir avec un succédané d’Yvette Horner mâtiné de Piaf de bistrot. Si Yoanna aime l’accordéon et le cirque, elle est résolument une fille d’aujourd’hui, hors norme et hors clichés. On repère vite ce phénomène scénique, poids plume mais grande gueule, qui fait flamber les planches et tourneboule les foules. Ses rencontres successives, avec Fafa Daïan en août 2005, guitariste du groupe Sinsemilia, puis avec Laure Delage, manageuse, en octobre de la même année, sont déterminantes. De Francofolies (07) en Printemps de Bourges (08), de Zèbre de Belleville en Européen, et après l’enregistrement d’un cd 5 titres en 2006, un premier album paraît la suite logique à cette aventure. Douze titres, arrangés et réalisés par Fafa, rassemblant ses premiers titres et d’autres écrits et composés ensemble, produits par projet BOB (à Grenoble) avec la participation d’une trentaine de musiciens, et des membres de groupes comme Manu de Tryo ou Olivier de Debout sur le Zinc. Des tranches de vie, d’amour et de mort, de lutte et d’espoir aussi, à mots crus, à mots dits, à mots durs, à mots doux. Qu’elle fustige les machos maladroits dans « Toutes des salopes ! », suggère la douleur de l’avortement dans « Funambule », évoque la prostitution dans « Moi bordel ! », l’inceste dans « Fleur » ou l’anorexie dans « Ma Plume », c’est toujours avec une sensibilité à fleur de peau, entre rire et larmes, colère et émotion.